Gilberte's
conference
Gilberte Zouein
Conférence à
l’Intercontinental
Phoenicia Hotel, de la
députée libanaise, Mme
Gilberte Zouein, membre
du bloc parlementaire du
« Changement et de la
Réforme », sur le thème
: média, femme, et
méditerranée.
22 Mai 2006
De
quelle que rive qu'on vienne,
la Méditerranée nous a tous
nourris. Car si nous avons
des histoires différentes,
nos racines ont plongé à la
même source.
La Méditerranée,
berceau de civilisations
Carrefour de trois
continents, est plus que
jamais, un trait d'union, un
bassin autour duquel il fait
bon se retrouver. Et, en
Méditerranée du Sud, le
processus tant attendu de
changement démocratique
commence à prendre forme.
Des millions de gens
demandent la liberté pour
eux et la démocratie pour
leur pays. Certains disent
que la démocratie est
l'apanage des hommes, le
contraire est vrai: une demi
démocratie n'en est pas une.
On peut dire que la femme
est le ferment de la
démocratie dans une famille.
Dans la partie proche
orientale de la Méditerranée
du Sud le processus tant
attendu du changement
démocratique commence à
prendre forme.
L'émancipation des femmes
est l'un des quatre piliers
sous-tendant une réforme
dans la région, au même plan
que les progrès politiques
éducationnels et économiques.
Des programmes
d'organisations
internationales d'aides aux
femmes tels que le MEPI (Middie
East Partnership Initiative,
MEPI) ont financé des
ateliers visant à donner les
qualifications nécessaires
aux femmes qui briguent des
fonctions de directions. 76
femmes représentant un vaste
éventail de parties
politiques du Liban, de
Jordanie, d'Egypte de Cis
Jordanie... ont participés.
Cet atelier a été inspiré
des ateliers organisés
précédemment à Doha et en
Tunisie qui avaient
rassemblés des femmes du
golfe et du Maghreb.
Quant au Maroc, des
réformes sont intervenues
dans la Moudawana et
informent les gens sur le
renforcement des protections
de la femme et de l'enfant
et l'interdiction de la
polygamie qui est soumise à
l'autorisation du juge, tenu
à des conditions légales
draconiennes, à la
protection de l'épouse des
abus de l'époux lors de
l'exercice de son droit au
divorce : la nouvelle
procédure garantit les
droits de la femme en
soumettant sa répudiation à
l'autorisation préalable du
tribunal, elle renforce les
moyens de réconciliation. La
répudiation verbale par le
mari n'est plus valable, le
divorce étant désormais
judiciaire.
Le nouveau code de la
famille, conformément à la
ferme volonté royale de
rendre justice à la femme,
est de consolider la
protection de l'enfant et de
préserver la dignité de
l'homme.
Nous allons examiner
maintenant, dans le cadre de
la femme du sud
Méditerranéen, le contexte
de l'évolution du statut des
femmes dans trois pays
arabes: l'Egypte, la
Jordanie et le Liban. Puis
nous verrons à quels
mécanismes les femmes ont
recours pour faciliter leur
entrée au parlement et la
vie dans la société en
général.
Bien que les Egyptiennes
bénéficient de leur pleine
citoyenneté et de tous leurs
droits politiques depuis
1956, l'environnement social
et économique du pays freine
l'exercice de leurs droits.
Certaines personnes
affirment que les islamistes
utilisent ces réseaux de
secours pour imposer une
idéologie hostile aux femmes
et réclamer leur retour dans
leurs foyers.
Les élections de 1957 ont
enregistré pour la première
fois des candidatures
féminines. Rawya Atiya a été
la première femme
parlementaire élue dans le
monde arabe. Le régime
socialiste a tenté
d'encourager leur entrée
dans l'administration et
dans les institutions
politiques.
La situation actuelle,
soutenue par une nouvelle
constitution et une nouvelle
législation permet aux
femmes de participer
désormais aux affaires
publiques.
Quant aux femmes du
Royaume Jordanien, elles ont
obtenu le droit de vote en
1974. En 1993, deux femmes
ont présenté leurs
candidatures et une seule a
remporté l'élection.
En Jordanie, la culture
politique masculine milite
activement contre la parité
hommes-femmes en politique.
Les parties n'apportent ni
soutien ni appui aux femmes.
La presse ne les soutient
pas davantage. Les électeurs
sont convaincus que les
femmes ne pourront pas tenir
leurs promesses électorales
et la coordination entre les
organisations féminines et
les candidates sont
pratiquement inexistantes.
Au Liban, la
participation de la femme à
la vie professionnelle a été
le facteur principal du
développement de la
condition féminine.
Toutefois cette évolution a
été plutôt lente.
En réalité si on exclue
la période de guerre et
qu'on considère la période
de paix, la femme demeure
toujours absente de la scène
exécutive. Depuis
l'indépendance libanaise,
aucune femme n'a été nommée
premier ministre et ce n'est
que tout récemment qu'elle a
été nommée ministre. Sur le
plan de leur participation
dans l'administration
publique libanaise on trouve
une faible présence de
femmes aux postes cadre dans
les différents ministères.
Toutefois, dans le secteur
privé et celui de
l'enseignement, la condition
de la femme a marqué une
évolution considérable au
cours de ces dernières
années. Plus
particulièrement dans le
domaine de l'enseignement.
Dans les universités
libanaise il y a
annuellement 39.1% de femmes
diplômées mais il n'y en a
pas dans des postes clef.
Par contre, la femme
libanaise évolue dans les
cadres : administratif,
socioéconomique,
journalistique, culturel,
médical, et surtout
juridique. Actuellement elle
est sur ce plan presque à
égalité avec l'homme. On a
aussi invité les
administrations publiques à
favoriser la promotion des
femmes à des postes de
responsabilité pour qu'elles
participent à la prise de
décision dans tous les
domaines politique,
économique, et administratif
et lui permettre d'avoir les
mêmes chances de promotion
et d'avancement que les
autres fonctionnaires.
Au Liban, le rôle de la
femme reste malheureusement
très limité. Si quelques
femmes osent désormais
s'aventurer en politique, la
décision économique reste
majoritairement l'apanage
des hommes.
En effet, dans l'exercice
de leurs droits économiques,
les libanaises continuent
d'être confrontées à une
inégalité générale et
systématique. Alors qu'elles
constituent près de la
moitié des libanais, les
femmes ne représentent que
20,5% de la population
active et le taux de chômage
féminin s'est élevé à 11%
alors qu'il ne touche que
7,5% des hommes.
Ce qu'il faudrait c'est
une loi qui impose des
quotas au Liban, un outil de
pression qui facilitera
l'accès de la femme aux
différents postes de la vie
publique dans la mesure où
elles ont les qualifications
requises. Ce problème ne se
situe pas uniquement au
niveau de l'accès à l'emploi
mais la disparité persiste
après l'embauche. Toutefois,
bien que la loi donne à la
femme un droit de
rémunération égal à celui de
l'homme pour un travail de
même niveau l’inégalité
reste flagrante pour ce qui
est des promotions et des
salaires.
En Novembre 2006 sera
convoquée une « Réunion
Ministérielle Euro-Med sur
l'égalité des genres ». Il
lui sera confié l'adoption
d'un plan d'action
quinquennal. Cette réunion
sera précédée par deux
réunions régionales, l'une
au Maghreb et l'autre au
Machrek.
Une étude préliminaire
portera sur les droits des
femmes en tant que garantie
des droits humains et
contributoire à la
démocratie.
L'objectif affiché est de
favoriser la levée des
réserves émises par les
gouvernements de la région
Euro-Med signataires de la
CEDAW, tout particulièrement
celles relatives à
l'insertion des femmes dans
la vie politique, économique
et sociale.
L'étude: devra se centrer
sur un certain nombre de
points dont l'automatisation
économique, sociale et
politique des femmes.
Une seconde étude portera
sur l'accès des femmes à
l'éducation et à la vie
économique (et sera confiée
au "FEMISE"). Et une
dernière (Quant à la
fondation "Anna Lindh")
devra, à partir de la
culture et de la
communication, étudier les
instruments et moyens
pouvant permettre des
changements de mentalité et
de société en faveur de
l'égalité.
Les pays partenaires
Sud-Méditerranéens font face
à défias internes concernant
l'avancement des droits de
la femme émanant des partis
politiques ancrés dans des
interprétations religieuses
traditionnelles. Le rôle de
la femme dans la réforme
politique a été lié à la
démocratisation de sorte que
la démocratie ne peut être
atteinte que si les femmes
sont totalement respectées
en tant que citoyennes et
qu'elles jouissent des mêmes
droits que les hommes.
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